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mar 23 juillet 2024

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Déclaration de la Coalition Nationale pour l’Education Pour Tous sur la crise de l’éducation relative aux mesures de réforme sur l’organisation des examens scolaires

Coalition Nationale pour l’Education Pour Tous du Burkina Faso (CN-EPT/BF)

 

Déclaration de la Coalition Nationale pour l’Education Pour Tous sur la crise de l’éducation relative aux mesures de réforme sur l’organisation des examens scolaires

Par décret N°2021/0023/PRES/PM/SGG-CM du 1er février 2021 portant attributions des membres du gouvernement, le gouvernement du Burkina Faso charge le Ministère de l’Education Nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales (MENAPLN), de l’organisation de l’examen du Baccalauréat.  Au cours du Conseil des Ministres N°008 du 10 mars 2021, le gouvernement a également adopté cinq (05) décrets pour le compte du MENAPLN. Ces décrets sont relatifs à l’organisation du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP), de l’examen du Brevet d’études professionnelles (BEP), de l’examen du Certificat d’études primaires (CEP), de l’examen du Brevet d’études du premier cycle (BEPC) et à l’institution et l’organisation de concours scolaires.

L’adoption de ces décrets, selon le gouvernement vise une réorganisation efficace des différents examens et concours scolaires en considérant davantage la proximité des acteurs aux niveaux provincial et communal, en élargissant les bases de participation aux candidats libres ou en scolarité et enfin, en réprimant mieux la fraude.

Depuis l’annonce de ces nouvelles mesures de réformes des examens scolaires, on assiste à une véritable levée de boucliers dans le milieu scolaire. Les mesures querellées portent d’une part sur la suppression des deux sujets au choix en Sciences de la vie et de la terre (SVT) et en Histoire-Géographie au niveau de l’examen du BEPC et d’autre part sur l’organisation du BAC qui sera confiée au MENAPLN.

Pour montrer leurs désapprobations, des élèves de la ville de Ouagadougou et de plusieurs autres villes ont pris d’assaut les rues afin de manifester leurs mécontentements contre ce qu’ils considèrent comme des « mesures impopulaires » allant à l’encontre de leurs intérêts et exigé l’annulation pure et simple de ces réformes.

C’est ainsi qu’au Lycée Philippe Zinda KABORÉ, le bureau du proviseur, le service informatique, le véhicule du proviseur ainsi que des équipements scolaires ont été saccagés par les élèves manifestants. Suite à ces incidents, le Conseil des Ministres du 24 mai 2021 a instruit la fermeture dudit lycée jusqu’à nouvel ordre.

Malheureusement, les affrontements entre élèves et policiers se sont soldés par des blessés de part et d’autre, des arrestations d’élèves et ont enregistré deux (02) morts parmi les élèves.

L’entrée en scène de certaines organisations syndicales contre les réformes querellées ainsi que la condition de Monsieur le Ministre de l’éducation nationale de ne recevoir l’Association des élèves et scolaires de Ouagadougou (AESO) que sur présentation de son récépissé ont contribué à rendre davantage le climat social délétère avec le durcissement des positions qui rendent difficile une sortie de crise.

Face à cette situation, la Coalition Nationale pour l’Education pour tous du Burkina Faso (CN-EPT/BF) dont la vision est l’avènement d’un système éducatif de qualité, géré de façon démocratique et transparente ne peut rester insensible. Elle condamne fermement les actes de violence et d’agressions perpétrés au cours de ces manifestations. Elle présente ses condoléances les plus attristées aux familles des élèves décédés et souhaite un prompt rétablissement aux blessés.

La quête du droit à l’éducation inclusive équitable et de qualité doit être l’affaire de tous et de toutes et commande une pleine implication de toutes les parties prenantes dans la gestion de notre système éducatif.

Il convient de noter que s’il est vrai que le gouvernement est dans son droit d’initier des réformes pour plus de performances de notre système éducatif, il est tout aussi vrai que ces réformes doivent être bien inclusives et comprises pour une pleine adhésion de la communauté éducative afin qu’elles atteignent leurs pleins effets.

C’est pour cette raison et en vertu du respect du droit à l’éducation, que la CN-EPT/BF lance un appel pressant aux différents protagonistes :

  • à la concertation afin que les différents acteurs se retrouvent autour d’une table ;
  • au dialogue franc et sincère en vue de résoudre les préoccupations réelles ;
  • et à la concession dans la mesure où les positions tranchées ne permettent pas l’atteinte d’un consensus.

La CN-EPT/BF reste confiante en la capacité des acteurs à faire preuve de dépassement de soi pour la réalisation d’un système éducatif, inclusif, équitable et de qualité.

 

Fait à Ouagadougou, le 26 mai 2021.

 

 Le Président du Conseil d’Administration

 

 

Samuel DEMBELE

 

 

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